Suivi psychologique

Généralités

 Depuis mai 2010, la WPATH demandait à ce que les questions de non-conformité de genre (ou dysphorie de genre) ne soient plus considérées comme une maladie mentale répertoriée au DSM-V de l’American Psychiatric Association (APA) ou dans la Classification Internationale des Maladies (CIM-10) de l’OMS.
Lors de sa 72e réunion, tenue du 21 au 28 mai à Genève, l’assemblée générale de l’OMS a validé la 11e révision de la classification internationale des maladies (CIM-11). La dysphorie de genre n’est plus classée dans les troubles d’ordre mental, mais dans une nouvelle catégorie intitulée « conditions liées à la santé sexuelle ». Nous relevons toutefois que cette nouvelle norme entrera en vigueur au 01.01.2022 et qu’elle devra ensuite être reprise par les états membres. Ce n’est donc pas demain que la nouvelle classification s’appliquera en Suisse.

Bien que moins stigmatisante, cette nouvelle classification appelle également deux commentaires.
Premièrement, elle n’est pas moins inexacte que la précédente, les questions d’identité de genre n’ayant pas de rapport avec l’orientation sexuelle. Cette nouvelle classification participera donc à maintenir la confusion entre personnes homosexuelles et personnes transgenres.
Deuxièmement, il ne s’agit pas d’une dépathologisation, mais bien d’une reclassification. Tant que la transidentité nécessitera des soins, contrairement à l’homosexualité, il est important qu’elle reste au catalogue de la classification internationale des maladies. Il était cependant important que l’incongruence de genre ne figure plus dans la section des maladies mentales.

Situation actuelle

La transition juridique n’implique aucun suivi médical. Il n’est pas nécessaire d’avoir un certificat de dysphorie de genre pour changer ses papiers. Il faut toutefois convaincre l’employé·e de l’état civil que le désir de changement est profond et durable.

Toute démarche médicale commence par une appréciation psychiatrique plus ou moins longue. La durée minimum de six mois exigée par certains psychiatres ne ressort pas des Standards de soins de la WPATH – SDS 7, mais des critères de l’American Psychiatric AssociationLa (APA) pour le diagnostic de dysphorie de genre. De nombreux psychiatres estiment toutefois que le diagnostic peut être posé plus rapidement suivant le parcours de vie du/de la patient.e.

Le suivi psychiatrique peut être réalisé par un·e psychologue qui agit par délégation du médecin psychiatre qui supervise son activité, ce qui permet la prise en charge par l’assurance de base, ou directement par un psychiatre. Normalement, dès le 1er juillet 2022, les psychologues pourront se faire rembourser directement. Les modalités exactes de ce changement ne sont pas encore définies. La fréquence des réunions avec le·la praticien·ne varie en fonction de vos besoins.

Même si la classification de la dysphorie de genre comme maladie mentale et l’obligation de suivi psychologique peuvent être perçues comme vexatoires et dégradantes, le soutien et les renseignements apportés par le/la psychologue/psychiatre sont souvent très utiles dans une période de fortes émotions et de questionnement personnel profond. Le/la psychologue/psychiatre pourra également aiguiller vos proches qui en exprimeraient le besoin, soit vers des consœurs ou confrères, soit vers des associations aptes à les aider car il ne faut pas sous-estimer l’impact de votre transition sur les personnes qui vous sont le plus proche (époux-se, compagnon-compagne, enfants, parents…).

ÉPICÈNE intervient souvent auprès des proches ou des employeurs pour soutenir celles et ceux qui en font la demande.
Lorsque le/la psychiatre :
i) aura constaté l’existence d’une dysphorie de genre,
ii) sera convaincu.e qu’il n’existe pas de contre-indications psychiatriques (c.-à-d. d’autres troubles psychiatriques graves non stabilisés) et
iii) sera convaincu.e de votre capacité de discernement,
Elle/il établira les attestations nécessaires pour commencer les traitements dont vous aurez parlé avec elle/lui, traitements visant à réduire la souffrance issue de l’inadéquation de votre corps, ou d’une partie de celui-ci, à votre genre ressenti.

À notre avis, les demandes de traitement à adresser à l’assurance maladie devraient toujours être faites par la/le psychiatre car c’est elle/lui qui traite la dysphorie.

Groupes de parole

Outre des rendez-vous individuels avec un·e membre du comité trans* ou non-binaire, nous organisons mensuellement un groupe de parole en présentiel et par vidéo-conférence. Nous avons également un groupe de parents qui se tient à disposition pour discuter individuellement avec des parents ou des proches confrontés au questionnement de genre de leur enfant ou adolescent·e. La responsable du groupe est atteignable à l’adresse parents@epicene.ch.